Lire un poinçon en trente secondes
Trois chiffres, une lettre, parfois une tête d’animal. Ce que le fermoir de votre chaîne raconte vraiment.
Sur presque toute pièce en or vendue légalement au Canada, un poinçon est frappé quelque part : sur le fermoir d’une chaîne, à l’intérieur d’un anneau de bague, sur la bélière d’un pendentif. Il tient dans un millimètre carré et il dit l’essentiel.
Les trois chiffres
417, 585, 750. Ce sont des millièmes d’or pur : 417 correspond à 10 carats, 585 à 14 carats, 750 à 18 carats. Un « 999 » signale de l’or fin, qui ne sert pas en joaillerie parce qu’il se déforme sous l’ongle. Si vous ne lisez rien du tout à la loupe, méfiez-vous : l’absence de titre n’est pas une distraction, c’est une information.
La lettre et le symbole
À côté du titre figure souvent le poinçon de maître : la signature du fabricant, enregistrée. C’est lui qui permet de remonter à l’atelier vingt ans plus tard, quand la facture a disparu. Sur les pièces italiennes, il prend la forme d’un losange contenant un numéro et l’abréviation de la province — « 12 AR » pour Arezzo, d’où viennent la plupart de nos maillons.
Ce que le poinçon ne dit pas
Il ne dit rien du poids, donc rien de la valeur réelle. Deux chaînes marquées 585 peuvent différer du simple au triple selon qu’elles sont creuses ou pleines. Demandez toujours le poids en grammes : c’est la seule donnée qui se compare d’une boutique à l’autre.
Un dernier réflexe : un poinçon net, aux arêtes franches, est frappé avant le polissage final. Un poinçon flou, écrasé, ajouté après coup, mérite une seconde question.
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